Sergey Kononov - Rouge II

27 novembre 2016 - 15 janvier 2017

«Pourquoi rouge ? Pour moi, c’est le sang qui coule à travers tout le corps, c’est la pulsion animale de la vie, la force omniprésente du physique qui domine toute autre forme d’expression, telles que celles de l’âme, du spirituel ou de la pensée.»

C’est ainsi que Sergey Kononov, prodige ukrainien de 22 ans, introduit son travail récent, exposé dans un premier volet à la Galerie Lazarew Paris en juin 2016 et dans un second à la Galerie Lazarew Bruxelles fin 2016.

À travers une galerie de portraits saisissants, entre réalisme et néo expressionnisme, il dépeint avec acharnement l’âge charnière du jeune adulte. A peine sortis de l’adolescence, ses personnages cherchent à s’affirmer mais sont encore les produits de toutes les pressions extérieures - famille, école, pairs, loisirs, sport, etc., qui les enjoignent à être les meilleurs pour affronter un monde difficile. Qu’est ce que grandir? C’est la question centrale de son travail.

Sergey hésitait d’ailleurs, pour le titre de l’exposition, avec un de ces mots russes qui n’ont pas d’équivalents en français et que l’on pourrait traduire par: «je ne suis pas celui que vous souhaitez que je sois».

 

Son regard sur la jeunesse qu’il dépeint est à la fois tendre et acerbe. La présence des chiens n’est pas due au hasard; pour lui, cette jeunesse mène une vie proche de ces chiens errants qui peuplent les rues ukrainiennes : elle sait se défendre et satisfaire ses besoins vitaux, mais ne s’intéresse pas à ce qui peut élever son âme. Le tableau «Cinq Bouches Ouvertes» (2 chiens et 3 enfants à l’air hagard) parle de cette animalité, qui s’exprime en vase clos et montre le désarroi des jeunes face à un monde de possibilités dont ils ne savent que faire. 

Sergey nous invite à visiter sa galerie de portraits (en particulier ceux ont le cadrage est le plus serré) comme on visiterait un zoo. Ce n’est qu’en captant les regards de cette jeunesse dure, sous pression, que l’on peut y déceler une lueur d’humanité, d’espoir et de grandeur.

> En savoir plus sur Sergey Kononov